J’ai été la victime d’une agression gratuite
Dans la nuit du samedi 1er septembre au dimanche 2 septembre 2007 ma petite amie et moi-même, ainsi que mon meilleur ami, avons été victimes d’une agression gratuite. Une dizaine d’individus nous ont accosté d’abord sympathiquement puis de plus en plus agressivement.
Tout s’est passé très vite, dans un climat d’incompréhension totale. Subissant des jets d’alcools et autres insultes indésirables nous avancions tête droite. Je disais à ma copine de s’enfuir, de courir loin devant. Elle a voulu rester près de moi pour ne pas que je m’emporte ni que je réponde par la violence à ces énergumènes qui, étant bien plus costaud et nombreux que nous, ne nous auraient pas épargnés. Ce courage lui a valu des attouchements sexuels ainsi qu’une tentative de vol de son sac à main et un oeil au beurre noir. Ce dernier infligé par un direct droit l’ayant projeté immédiatement par terre, sa tête heurtant violemment le trottoir. Elle s’évanouit.
Sonné par les quelques coup sde poing que mon principal agresseur m’avait infligé, je me baisse alors grogui vers ma petite amie pour tenté de la secourir. C’est alors que les agresseurs me mitraillent de coups. Je tombe sous une pluie de dégoût, de peur et d’incompréhension. Mon meilleur ami subit un coup à la mâchoire et un coup dans le ventre. Il s’en tirera mieux que nous deux, physiquement. Mon amie, elle, pleure, cris. La situation la dépasse, encore plus qu’elle ne peut me dépasser moi-même. Elle sera la plus atteinte physiquement et mentalement. Le groupe d’individu s’enfuit alors que la BAC arrive à nos côtés, prévenu par une amie qui s’était mis à l’abri.
Mon amie réveillée, la BAC nous emmène dans son véhicule banalisé à la recherche des quelques personnes identifiés selon nos descriptifs. Il ne nous faut pas plus de vingt minutes pour retrouver quatre des agresseurs, dont les deux principaux : celui qui s’en était pris à mon amie et celui qui se chargeait de moi. Le lundi 3 septembre 2007 ces deux derniers écoperont respectivement d’une peine pénale de 6 mois et de 3 ans d’emprisonnement ferme ( si j’ai bien tout compris ). Nous sommes entendus à la comparution immédiate*.
Dans la nuit du 2 au 3 septembre, après avoir enregistrées nos dépositions au commisariat de police de Bordeaux Meriadeck, nous filons aux urgences. Mon meilleur ami rentrera chez lui, sonné mais physiquement peu atteint. Mon amie et moi-même y resteront pour la nuit, atteints chacun d’un traumatisme crânien débouchant sur une ITT de 10 jours**. Nous tenons à saluer la gentillesse de nos infirmiers et infirmières qui ont accepté que nous dormions ensemble cette nuit là.
Lors de la comparussion immédiate deux des quatre agresseurs sont relaxés***, pour témoignage trop flous. Les bougres nous avaient bien étourdis, il est vrai. Je suis cependant certain que les dix personnes ont porté leur coups sur moi. Tout ceci ne s’arrêtera pas là.
Mon envie de généraliser et d’analyser ce phénomène de violences gratuites est au delà de ce que j’aurai pu moi-même estimer. Au lieu de cela, pour le moment, je voulais juste communiquer à ceux qui voudront bien l’entendre que la menace est importante et imposante à notre époque. Les récits d’agressions se multiplient, les victimes parlent et font de plus en plus parler la loi. Il ne faut pas hésiter. Le cauchemard d’un monde où nos futurs enfants devront ce fondre à cette masse de violence pour mieux la contrer n’est pas le bienvenu. Il est encore temps de le repousser. S’il n’y a rien à comprendre considérons tout de même le caractère innaceptable de ce genre de faits qui amusent certains. Considérons que moi, c’est ce que la loi va leur infliger qui m’amuse.
*comparution immédiate : le moyen pénale le plus rapide afin de garder vos agresseurs derrière les barreaux. Il est conseiller aux victimes de faire entendre leur voix.
* *ITT de 10 jours : Interruption temporaire de travail de dix jours. Si elle est supérieure à huit jours, les agresseurs peuvent alors craindre de la sanction et vous pouvez ainsi réclamer une expertise médicale.
* * *relaxés : fait de ne pas retenir les sanctions demandés par le procureur de la république ou par la partie civile sur certains accusés.
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